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« Il y a une colonialité végane, il y a un véganisme blanc. Il y a un appareil discursif végane qui ne tient pas compte dans ses cadres d’analyse et d’action – et n’y voit aucun intérêt, car le véganisme consiste à « sauver les animaux·les » – de la race, de la classe et de la matrice du pouvoir dans son ensemble. Un appareil discursif totalisant et homogénéisant, qui met dans la catégorie « humain·e » tous les sujets, jusqu’aux sujets racisés non humains. Cet appareil discursif ne conçoit pas que le capitalisme anthropocentré soit organisé racialement, qu’il ait besoin de la plantation. Plantation où les corps racisés – issus de la production coloniale – ne sont pas considérés comme des vies à part entière, de même pour les autres vies animales et végétales, toutes condamnées à n’être que des ressources pour que la blanchité se perpétue. En ce sens, on peut affirmer que le véganisme blanc est un discours suprémaciste blanc. En d’autres termes, le véganisme blanc est une forme de racisme. » 


L’autrice dresse des parallélismes entre la condition animale, qu’elle propose de décoloniser, et la condition des non-humain·es, c’est-à-dire des personnes racisées. Elle soutient que les racisé·es sont non-humain·es et que les animaux·les non humain·es sont racisé·es : nous devrions ainsi comprendre leur subordination comme un phénomène racial. 𝖁𝖊𝖌𝖆𝖓𝖎𝖘𝖒𝖊 𝖇𝖑𝖆𝖓𝖈 pose les questions suivantes : comment le spécisme est-il renforcé par les dominations patriarcales, coloniales, capitalistes, et inversement ? Mais aussi, comment les formes de washing, et dans ce cas particulier, de veganwashing, interrogent la subversivité de nos luttes ?


Ce livre n’est cependant pas un manuel antispéciste. C’est plutôt un scum manifesto, une lettre ouverte, engagée et enragée contre le véganisme mainstream qui tait sa blanchité en qualifiant tous·tes les humain·es « d’esclavagistes » et en confondant suprématie humaine et suprématie blanche.


La guerre menée en P4l3st!n3 par !sr43l met en lumière, selon elle, le paradigme du véganisme blanc : c’est précisément parce que les logiques coloniales, impérialistes et de suprématie blanche sont extrêmement visibles dans cette situation géopolitique particulière, qu’il apparaît nettement que le véganisme ne peut pas faire l’économie de prendre en compte l’ordre racial du monde, qui impacte autant les animaux·les non humain·es, qu’humain·es.


Mikaelah nous dit : il ne peut y avoir de libération animale sans justice sociale et raciale et nous donne ainsi des pistes pour un antispécisme radicalement décolonial.

Véganisme blanc - Mikaelah Drullard

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© 2025 par Laetitia Piccarreta

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