
Parution : 29.10.2026
Format : 10cm x 17cm
144 pages
ISBN : 9782487778030
PRIX : 14 euros [10.2026]
TVA : 0,73€
DIFF·DISTRIB·LIBRAIRIE : 7,30€
AUTRICE : 1,99€
TRADUCTEURICE : bénévole
IMPRESSION : 1,97
MILGRANA : 2,01*
(une fois tous les frais engagés amortis)
Ces calculs valent pour un tirage de
1000 exemplaires du présent ouvrage.
Véganisme blanc
Mikaelah Drullard
traduit de l’espagnol dérivé du colonialisme depuis un territoire occupé par le projet créole mexicain par Jeanne Godard-Davant
Veganismo blanco, Ona ediciones, Chiapas - Samaná - València, 2025.
milgrana, coll. citrique, Villeurbanne (France), 2026.

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Pour un antispécisme radicalement antiraciste
« Il y a une colonialité végane, il y a un véganisme blanc. Il y a un appareil discursif végane qui ne tient pas compte dans ses cadres d’analyse et d’action – et n’y voit aucun intérêt, car le véganisme consiste à « sauver les animaux·les » – de la race, de la classe et de la matrice du pouvoir dans son ensemble. Un appareil discursif totalisant et homogénéisant, qui met dans la catégorie « humain·e » tous les sujets, jusqu’aux sujets racisés non humains. Cet appareil discursif ne conçoit pas que le capitalisme anthropocentré soit organisé racialement, qu’il ait besoin de la plantation. Plantation où les corps racisés – issus de la production coloniale – ne sont pas considérés comme des vies à part entière, de même pour les autres vies animales et végétales, toutes condamnées à n’être que des ressources pour que la blanchité se perpétue. En ce sens, on peut affirmer que le véganisme blanc est un discours suprémaciste blanc. En d’autres termes, le véganisme blanc est une forme de racisme. »
résumé
decoloniser
la cause animale
L’autrice dresse des parallélismes entre la condition animale, qu’elle propose de décoloniser, et la condition des non-humain·es, c’est-à-dire des personnes racisées. Elle soutient que les racisé·es sont non-humain·es et que les animaux·les non humain·es sont racisé·es : nous devrions ainsi comprendre leur subordination comme un phénomène racial. 𝖁𝖊𝖌𝖆𝖓𝖎𝖘𝖒𝖊 𝖇𝖑𝖆𝖓𝖈 pose les questions suivantes : comment le spécisme est-il renforcé par les dominations patriarcales, coloniales, capitalistes, et inversement ? Mais aussi, comment les formes de washing, et dans ce cas particulier, de veganwashing, interrogent la subversivité de nos luttes ?
Ce livre n’est cependant pas un manuel antispéciste. C’est plutôt un scum manifesto, une lettre ouverte, engagée et enragée contre le véganisme mainstream qui tait sa blanchité en qualifiant tous·tes les humain·es « d’esclavagistes » et en confondant suprématie humaine et suprématie blanche.
La guerre menée en P4l3st!n3 par !sr43l met en lumière, selon elle, le paradigme du véganisme blanc : c’est précisément parce que les logiques coloniales, impérialistes et de suprématie blanche sont extrêmement visibles dans cette situation géopolitique particulière, qu’il apparaît nettement que le véganisme ne peut pas faire l’économie de prendre en compte l’ordre racial du monde, qui impacte autant les animaux·les non humain·es, qu’humain·es.
Mikaelah nous dit : il ne peut y avoir de libération animale sans justice sociale et raciale et nous donne ainsi des pistes pour un antispécisme radicalement décolonial.
bio

Mikaelah tient du débordement, de l’onde de choc, du séisme. C’est comme mettre de l’huile bouillante dans de l’eau, comme un éclair (de génie) dans la nuit, comme un anniversaire surprise qui vous submerge d’émotions, parfois contradictoires. C’est joie-colère, comète-saisissement, vomissement-embrasement, rage-liberté. Ça vous met une claque et ça peut vous donner envie d’en distribuer à votre tour. Mais, une fois la crue passée, c’est un immense soulagement, une sagesse sincère qui s’insère entre vos viscères et vos poumons, et qui rend l’air chaque jour un peu plus respirable.
Elle dit d’elle-même qu’elle est jolie – c’est sa vengeance –, travestinoire, afrocaribéenne et frontalière, habitante du tiers-monde. Migrante et fugitive de l’état anti-haïtien dominicain et de la plantation sexo-genrée. Elle est écrivaine, artiste, penseuse antiraciste, journaliste marika (le tpbg latinoaméricain, pour faire très simple), performeuse, facilitatrice de processus organisateurs,
vogueuse et éducatrice populaire. Noire et fille d’une femme afro-métisse appelée « Juanita », une matatana, et d’un homme noir de Samaná. Elle fait partie du collectif AFROntera Cimarrona, c’est la mother de la House of Naomi Campbells, elle a créé les podcasts antiracistes Café Marika et Pajara Negro après avoir étudié les relations internationales à l’université. Elle écrit pour divers médias et revues, comme @volcanicasrevista . Un de ses articles a récemment été traduit en français dans le numéro 62 de @thefunambulist_fr , « Bâtir des communautés trans », intitulé «Le problème travesti est un tout colonial : s’entraîner à la fuite», que vous pouvez consulter pour vous faire une idée de la profondeur de ses analyses situées, toujours à la croisée des questions décoloniales, raciales et de genre.
C’est l’autrice du maintenant célèbre 𝑬𝒍 𝒇𝒆𝒎𝒊𝒏𝒊𝒔𝒎𝒐 𝒚𝒂 𝒇𝒖𝒆 publié en 2023 chez @onaediciones dont une traduction française devrait bientôt paraître, qui décortique et dénonce – entre autres choses – la blanchité des fondations du féminisme et propose une refonte totale de la lutte antipatriarcale. Elle a récemment publié, en décembre 2025 dans la même maison d’édition, 𝑪𝒊𝒎𝒂𝒓𝒓𝒐𝒏𝒂𝒋𝒆 𝒅𝒆 𝒈𝒆𝒏𝒆𝒓𝒐, qui peut se lire comme une suite à ce premier ouvrage, où elle fait du marronage de genre et de sa fuite de l’humanité les nouveaux chemins à emprunter pour une émancipation collective véritablement décoloniale. C’est entre ces deux titres que paraît 𝖁𝖊𝖌𝖆𝖓𝖎𝖘𝖒𝖊 𝖇𝖑𝖆𝖓𝖈, en avril 2025, qu’elle qualifie « d’appendice imprévu » dans un des derniers audios qu’elle m’a envoyés et dont les réflexions s’inscrivent dans le sillage de ces deux autres textes.
